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Sent: Saturday, January 10, 2004 10:04
PM
Subject: Re: Re:professeurs de chant et
polyphonie
bonjour,
Il y a quelque chose qui m'échappe.
Pourquoi chercher les talents seulement dans les voix
"naturelles" ?. Les grands potentiels n'ont pas forcement un placement
"naturel" dès le départ. C'est une alchimie entre intelligence,
potentiel de l'instrument et (dur) travail pour l'exploiter.
La qualité brute de la voix de grands chanteurs n'est
(n'était) pas toujours l'essentiel de leur talent.
Avouons que le "sous développement lyrique", c'est d'abord
l'état catastrophique de l'enseignement.
Je suis maintenant convaincu que l'essentiel est
d'apprendre aux éleves et aux profs à reconnaître une voix bien placée,
une émission saine, en dehors de toute autre considération, mais une
belle voix mal placée est trompeuse pour beaucoup de gens. Je commence
seulement à faire la différence.
Comme élève il faut accepter une émission saine : le beau
son peu arriver bien longtemps après. Il faut résister constamment
à juger sa voix en l'écoutant "de l'intérieur ".
J'ai quitté un choeur où le pupitre basse comptait
essentiellement des gens capables de grossir leur voix et de gueuler (j'en
étais) et où les ténors étaient les petites voix qui ne pouvaient pas
descendre. Résultat : un concert de voix détimbrées corrigées
tant bien que mal par la sono.
A tous les élèves qui perdent leur temps, leur argent,
leur plaisir et leurs espoirs.
----- Original Message -----
Sent: Friday, January 09, 2004 9:42
AM
Subject: Re: Re:professeurs de chant et
polyphonie
Un des grands risques du travail en choeur est
moins pour ceux qui ont une voix à développer que pour ceux dotés d'une
belle caisse de résonance et dont le placement s'est fait "naturellement"
très tôt, parfois spontanément comme dans le sud de la France par l'accent
régional. Ces voix, dont les harmoniques du "singing formant" sont actives
ont une voix qui "émerge" de la masse chorale, on les entend même quand ils
ne chantent pas fort. En général, le chef passe son temps à leur dire "tu
chantes trop fort, on t'entend trop". Malheureusement ces gens doivent
quitter le choeur avant d'avoir acquis un mauvais geste d'engorgement. On
les retrouve souvent en rééducation quinze ans après, ou alors ils font
carrière de soliste. C'est dans ce creuset de voix dites "naturelles" que la
France peut chercher à sortir de son sousdéveloppement lyrique. Aller
chercher ceux qui sont doués, et non ceux qui aiment, comme on a fait avec
succès pour le foot et le tennis ou pour Ghiaurov, Carreras, Alagna et
autres. Christian GUERIN sosvoix@xxxxfr
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