Archives de la liste Chant Septembre 2004

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Re: aigus/graves

DE : Bruno Droux
LE : 29/09/2004 à 23:44 GMT

Bonjour à tous, le 27/09/04 22:54, Joel.Roessel@xxxxnet a écrit?: > Deuxième piste ? les sons graves ne sont pas directifs, > ils se propagent dans > toutes les directions avec une relative homogénéïté... tandis que les sons > aigus sont très directifs "Directif" n'est pas tout à fait le mot, même si la description derrière le mot est la bonne, mais c'est confondre les causes et les effets. Il vaudrait mieux parler à l'inverse de "localisation" d'un son. Tous les sons se propagent avec la même homogénéïté dans un milieu homogène et sans obstacle (*). La notion de "directivité" dépend en fait de l'auditeur. L'être humain par exemple a une distance moyenne de 20 cm entre ses deux oreilles, et bien plus la longueur d'onde d'une fréquence est plus grande que cette distance (+ de 20 cm), plus on aura de mal à donner la direction de la provenance d'un son, et réciproquement plus cette longueur d'onde est plus petite (- de 20 cm), plus la "localisation" sera facile. c'est le déphasage entre l'arrivée de l'onde sur la première oreille puis sur la deuxième qui donne aux cerveau les information qui lui permettent de faire la "focale" et de calculer (même aproximativement) la provenance d'une fréquence. Mais il n'y a pas de palier franc, on passe en douceur d'une localisation facile à une localisation difficile à mesure qu'on descend en fréquence. Première remarque : la longueur d'onde donne directement la fréquence; la fréquence est égale à la vitesse du son divisée par la longueur d'onde : puisque le son se déplace à 340 m/s (à 20° au niveau de la mer, etc...) une longueur d'onde de 34 cm donne une fréquence de 1000 Hz. Pour une longueur d'onde de 20 cm la fréquence est de 1700 Hz. Une fréquence de 20 Hz a une longueur d'onde de 17 m. Une fréquence de 20.000 Hz a une longueur d'onde de 1,7 cm. Deuxième remarque : jusque là je ne parle pas de son mais uniquement de "fréquences". Or une fréquence "pure" (unique) n'existe pratiquement jamais dans les sons de la nature ou des instruments de musique. Un son (je ne parle pas d'un accord, je parle d'un simple son) est tout simplement un bouquet de fréquences, composé d'un fondamental, d'un spectre harmonique en fonction des résonateurs s'il y en a, et de fréquences transitoires en fonction du type d'émission. Et c'est grâce à ces harmoniques et à ces transitoires que la localisation d'un son (bouquet de fréquences) dont le fondamental est en dessous de 1700 Hz (la fréquence la plus grave du bouquet, et qui donne son nom à une note en musique) peut se faire quand même. Troisième remarque (*) : Si l'on imagine une source sonore face à un auditeur, et si l'on met un objet entre les deux, l'objet ne sera pas un obstacle au son tant que sa taille est plus petite que la longueur d'onde. Voilà pourquoi on peut mettre un caisson basse derrière un fauteuil. Un fauteil de 1 m fera obstacle aux fréquences plus aigües que 340 Hz. C'est d'ailleurs à partir de toutes ces études que Bose a proposé dans les années soixante (juste après l'apparition de la stéréo) les premiers systèmes de tri-amplification avec deux petits satellites stéréo pour les aigus et un seul caisson basse (aujourd'hui tout le monde fait ça mais à l'époque c'était très audacieux !). La fréquence de coupure a été ramenée aux alentour de 300 Hz et les basses sont amplifiées en mono, puisque l'oreille humaine ne fait pas la localisation à ces fréquences, et cela évite toute coloration des basses (ajout ou retrait d'harmoniques) dues aux déphasages entre les enceintes. C'était mes deux centimes. Amicalement. -- Bruno Droux [Nouvelle adresse : bdroux@xxxxfr ] Directeur Musical des Chorales d'Airs Libres Initiateur et responsable du projet "100 Voix en l'air" MP3, photos et détails du projet : http://airslibres.free.fr/ Echantillons perso : http://bdroux.free.fr/
 
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