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Écoutes de Spectacles

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**** Le Petit Prince M Paris Casino de Paris 28/11/2002

 
Jean-Louis Martinoty (ms)
Hans Schavernoch (d)
Jean-Charles de Castelbajac (c)
Jean Kalman (l)
Le Petit Prince  :  Louis
L'aviateur  :  Daniel Lavoie
La rose  :  Cathialine Andria
Le roi  :  Stéphane Neville
Le vaniteux  :  Laurent Ban
L'allumeur de réverbères  :  Thomas Gérome
Le buveur  :  Nicaud
Le business man  :  Sébastien Izambard
Le géographe  :  Christophe Cérino
L'aiguilleur  :  Nicolas Saje
Le renard  :  Romain Cortese

Magnifique spectacle visuel! Il ne resterait plus qu'à réorchestrer des mélodies pas désagréables, à les faire jouer par un orchestre en direct non amplifié, à ne sonoriser que légèrement les chanteurs... Et on aurait presque un très bel opéra! :-)

Un texte de départ fabuleux, un excellent travail sur le livret, un metteur en scène et un décorateur talentueux venant de l'opéra (Jean-Louis Martinoty et Hans Schavernoch), une belle salle, de bons chanteurs distribués dans les seconds rôles... Voilà des atouts pour produire un excellent spectacle!
L'atmosphère de l'oeuvre est merveilleusement conservée et traduite, les couleurs et les lumières sont extraordinaires, on rêve d'avoir les mêmes moyens (et le même goût!) pour une production d'opéra!

Que dire de mal? Difficile, quand on a été envoûté par la magie d'un spectacle qui fonctionne et d'une émotion qui passe. Mais essayons :

Pourquoi Daniel Lavoie doit-il commencer ses premiers airs en voix parlée, alors qu'il a un timbre chanté? Pour faire rentrer progressivement dans le rêve à partir de la réalité?

Les Petits Princes alternent, celui-ci jouait à la perfection mais n'avait guère de voix, ses aigus étaient fragiles. Au moins le rôle est-il écrit pour être chanté en voix de tête, ce qui peut donner aux enfants qui vont l'écouter un modèle plus sain d'émission vocale que certaines de leurs idoles! Peut-être aussi l'amplification pourrait-elle servir à quelque chose, si le niveau sonore de l'enfant était un peu monté, en cas de besoin, entre les passages parlés et les passages chantés.

La faiblesse vocale du Petit Prince et Daniel Lavoie parlant ses mélodies donnent une mauvaise impression de départ, mais cela s'arrange ensuite. Les airs de nos deux héros sont quand même assez insignifiants, mais toute leur partie théâtrale parlée est bonne.

Les habitants des planètes qui défilent ensuite offrent davantage de plaisir vocal et musical, en sus du plaisir visuel de chaque numéro. Cette séquence du livre justifie un découpage facile en numéros, chaque personnage étant fort plaisamment caricaturé et très bien joué.

Reste la question de la bande son... Au détour d'un article du producteur, on peut lire que la richesse de ces atmosphères sonores n'aurait pas été possible en direct, mais on n'entend hélas qu'une soupe assez indifférenciée, assez loin des talents d'orchestrateur de Ravel par exemple - l'oeuvre évoquant par plusieurs côtés l'Enfant et les Sortilèges! Mais au moins Richard Cocciante nous évite-t-il les forçages en voix de poitrine et l'habituelle rythmique à la lourdeur systématique, au profit d'une texture un peu vaporeuse. Des protections auditives de -20dB sont du coup largement suffisantes et -15dB conviendrait sans doute déjà. Bien sûr, si le niveau sonore général était réglé pour un public à l'ouïe encore intacte, ce serait encore mieux!
Les interludes instrumentaux sont assez réussis dans un genre "musique de film soft" à la Badalamenti. Certains effets instrumentaux solistes sont bien trouvés, mais pourquoi ne pas en avoir introduit davantage, pourquoi ne pas avoir différencié davantage l'orchestration même des airs de l'enfant et de l'aviateur, et non seulement celle des numéros des "planètes"?

Quant aux mélodies elles-mêmes, il y en a à peine une que l'on fredonne en sortant... Alors que la musique de variété est centrée sur l'impératif de chansons très courtes et de mélodies faciles, il est dommage qu'un compositeur de variété actuel ne puisse pas écrire des mélodies qui aient autant d'impact que celles de Haendel, Mozart, Verdi, les Beatles ou Michel Berger.

Une dernière qualité quand même : c'est vraiment un spectacle où l'on peut amener ses enfants, à la différence de Cindy! Et il y a un très joli site web en partie conçu pour les enfants, où ils peuvent apprendre où se situe l'aile ou la cuisse des poulets et faire un concours de poésie ou de dessin avant de commander au père Noël un bain moussant Le Petit Prince (14 euros) ou un bavoir Le Petit Prince (10 euros). En plus, coup de chance, la promo "fête des mères" est toujours (ou déjà?) valable!

Alain Zürcher

 
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