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Saul OS | München | Nationaltheater | 12/05/2003 |
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Ivor Bolton (dm) Christof Loy (ms) Peter Heilker (dr) Jacqueline Davenport (chg) Herbert Murauer (dc) Reinhard Traub (l) |
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![]() photo © Wilfried Hösl Mettre en scène l'oratorio Saul pouvait sembler étrange, mais c'est en fait l'une des oeuvres de Haendel qui a été le plus souvent portée à la scène ces dernières années en Allemagne! (En 1999 à Karlsruhe par Michael Hampe et à Berlin par Anthony Pilavachi, en 2001 à Bonn par Dietrich Hilsdorf et à Mainz par Georges Delnon...) Non content de porter un oratorio à la scène, l'équipe artistique munichoise a fait et gagné le pari de le faire jouer dans le décor et les costumes d'un... oratorio! Le décor unique représente en effet le plateau d'une salle de concerts en formation "chorale", où des gradins accueillent les choristes. Ceux-ci apparaissent en blanc au premier acte, en noir au deuxième, tandis que les solistes sont en tenue de ville noire. À la fin seulement, pour célébrer la nouvelle ère ouverte par David, les choristes se dépouillent de leurs costumes sombres pour apparaître en sportswear bigarré. Malgré la distribution internationale, on assiste au résultat parfait d'un véritable travail de troupe. C'est en cela que le spectacle est une réussite complète, et non par la prestation de tel ou tel, personne n'émergeant particulièrement, même pas un David Daniels presque trop effacé et dont la voix ne s'impose pas véritablement dans l'espace du Théâtre National. Son chant a par contre une belle suavité, qui traduit l'humilité de son personnage et rend d'autant plus choquants les accès de rage envieuse de Saul, dont Alastair Miles brosse un excellent portrait psycho-rigide et paranoïaque. Le travail dramatique et scénique effectué avec le choeur est remarquable et va bien au-delà des habituelles consignes de "faire semblant" de ceci ou cela, ordinairement distribuées à chacun selon les lois des probabilités pour que l'ensemble "fasse réaliste". De plus, les choristes ont l'air, aux saluts finaux, de s'être bien amusés, ce qui n'est pas toujours le cas! Rien de révolutionnaire pourtant dans cette mise en scène : Christof Loy a seulement obtenu de ses chanteurs qu'ils jouent leurs sentiments et émotions, par l'expression du visage et le langage du corps! Cela aurait pu être redondant et horripilant, mais le fait est que cela fonctionne. Peut-être un opéra du répertoire ne supporterait-il pas aussi bien un tel traitement, mais cette mise en valeur des affects, cette emphase du discours rejoignent finalement les grandes traditions d'interprétation dont ne témoignent plus pour nous que de vieilles photographies d'artistes dans des costumes kitsch et des poses mélodramatiques outrées. Précisons qu'il s'agit ici d'une version épurée et subtile de ce système interprétatif! Le miracle (de simplicité) est que cela suffise à créer une mise en scène captivante, qui ajoute quelque chose à la musique en ce seul sens qu'elle la véhicule et transmet plus efficacement, en touchant les sens et l'âme au lieu de l'intellect. La direction d'Ivor Bolton est souple et vivante. Le "sous-ensemble" baroque de l'Orchestre d'État de Bavière sonne aussi bien qu'un orchestre spécialisé invité. Pris par le plaisir de cette réussite d'ensemble, on n'a pas tellement envie de pinailler sur telle ou telle performance personnelle, mais faisons un effort : Même si la musique a la couleur des oratorios de Haendel et s'il lui manque parfois le brillant et la virtuosité de ses opéras, elle est superbe et traduit bien les différents affects. |
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