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***½ L'Italiana in Algeri Vienne Staatsoper 28/05/2004

 
Frédéric Chaslin (dm)
Jean-Pierre Ponnelle (ms,d)
Isabella  :  Agnes Baltsa
Elvira  :  Simina Ivan
Zulma  :  Stella Grigorian
Mustafà  :  Ferruccio Furlanetto
Lindoro  :  Antonius Koroneos
Haly  :  Marcus Pelz
Taddeo  :  Alfred Sramek


photo © Staatsoper Vienne

Cette production reprend la formidable mise en scène de Jean-Pierre Ponnelle, à la fois classique et pleine d'esprit, dans son beau décor traditionnel. Elle vaut surtout pour le fabuleux Ferruccio Furlanetto, qui campe un Bey d'anthologie, tant vocalement que scéniquement!

Ce spectacle bénéficie aussi de l'orchestre philharmonique de Vienne, qui est aussi et surtout l'orchestre de l'opéra! Impeccablement mené par Frédéric Chaslin, il est admirable de précision et de tenue d'ensemble. Les traits solistes sont impeccables, et l'équilibre fosse-plateau est parfait.

Antonius Koroneos fait regretter Juan Diego Florez qu'il remplace. Des aigus ouverts peuvent convenir à ce type de voix légère, mais il faudrait quand même en mixer la registration! Quelques notes cruciales de l'aigu, à la fois serrées et poussées, sont pénibles à entendre. Applaudie par un public inculte, sa prestation n'est pas du niveau supposé de cette scène.

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Agnes Baltsa a du mérite de continuer à chanter ce rôle, voire à chanter tout court. Sa voix de poitrine est encore correcte, quoique désormais trop brute, mais son médium en est trop imprégné pour conduire à un haut médium bien mixé. Ce dernier est du coup plutôt bêlant. Ses vocalises sont entrecoupées de "h" aspirés. Dans les récits, elle sonne un peu comme Mady Mesplé en fin de carrière, avec une voix pointue, assez nasale, émise avec des ouvertures buccales très latérales. Au prix de cette laideur, sa voix est encore sonore. Elle atteint ses limites dans son air "Pensa alla patria", où se font entendre la fatigue, des trous et des passages très audibles. Toujours très applaudie, elle a assurément son public.

Marcus Pelz est un bon Haly plutôt ténorisant.

Le choeur n'est pas très brillant, inférieur au niveau des choeurs de l'opéra de Paris.

Au vu de son décor, on aurait pu craindre une mise en scène empesée, mais pas du tout! Elle est pleine de trouvailles ironiques, tout à fait dans la tradition bouffe - par exemple quand Mustafa boxe, quand le choeur joue une partie de foot avec la coiffe du "Kaimakan" Taddeo, ou quand Furlanetto chante son air en sortant du bain à moitié nu, des touffes de poils noirs ajoutées à la poitrine par un maillot transparent.

Alain Zürcher

 
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