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Écoutes de Spectacles

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****½ Otello Paris Opéra Bastille 28/06/2004

 
James Conlon (dm)
Andrei Serban (ms)
Peter Pabst (d)
Graciela Galán (c)
Joël Hourbeigt (l)
Otello  :  Vladimir Galouzine
Jago  :  Jean-Philippe Lafont
Cassio  :  Jonas Kaufmann
Roderigo  :  Sergio Bertocchi
Lodovico  :  Giovanni Battista Parodi
Montano  :  Christophe Fel
Un araldo  :  Rodrigo Garcia
Desdemona  :  Cristina Gallardo-Domas
Emilia  :  Nona Javakhidze


photo © Opéra de Paris

Quasi sans faute pour cette production où l'on a plaisir à retrouver en pleine forme trois protagonistes des Chorégies d'Orange 2003, dans une mise en scène esthétiquement superbe.

Les rideaux et voiles servant d'écran pour des projections, à transparence variable en fonction des lumières, sont très à la mode! Ils sont ici non seulement superbes (projection bien sûr des vagues de la tempête du début) mais très efficacement utilisés pour faire jouer l'action sur deux plans à la fois : par exemple Desdemona et Cassio derrière le voile pendant qu'Otello et Iago sont devant.

La mise en scène d'Andrei Serban capte l'attention dès le départ de manière efficace. Il se tire encore correctement de l'assez ridicule ensemble du troisièle acte. La fin du spectacle est hélas la plus faible, quand Andrei Serban fait rester, peut-être pour éviter le mélo, Emilia et Otello à distance de Desdemona mourante, quand un voile se soulève et fait réapparaître un palmier très kitsch derrière le lit qui se retrouve ainsi sur une terrasse et quand tous les personnages accourent sur scène et effectuent des va-et-vient maladroits entre le lit et les côtés du plateau. Ces quelques effets décoratifs et gratuits cassent une action bien mise en valeur jusque là.

James Conlon semble enfin diriger une oeuvre qui convient à son talent et à sa sensibilité. L'orchestre est splendide.

Vladimir Galouzine est de bout en bout profond et volcanique. N'en faisant pas des tonnes scéniquement, il concentre toute son énergie dans sa voix.

Jean-Philippe Lafont est en net progrès par rapport à juillet 2003 et semble avoir retrouvé un sens de la ligne et du legato. Il campe avec force un Iago d'une implacable noirceur.

Cristina Gallardo-Domas est une Desdemona forte et présente. Capable de puissance, elle ne concentre parfois pas ses harmoniques aiguës avec suffisamment de constance pour passer l'orchestre dans les passages les plus doux. Cela tient peut-être au fait que son médium est plus relié à sa voix de poitrine qu'à sa voix de tête.

Nona Javakhidze sonne un peu aigre dans la scène finale.

Alain Zürcher

 
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