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Écoutes de Spectacles

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****½ Assumpta est Maria O Ambronay F Abbatiale 18/09/2004

 
Le Concert des Nations
Jordi Savall (dm)
Arianna Savall, Raphaëlle Kennedy, Judit Scherrer, Elisabetta Tiso, sopranos
Pascal Bertin, Emmanuel Bardon, hautes-contres
Jean-François Novelli, Lluis Vilamajó, ténors
Robert Koller, Jordi Ricart, barytons
Daniele Carnovich, Yves Bergé, basses

photo © Festival d'Ambronay

Le festival d'Ambronay 2004, consacré à Marc-Antoine Charpentier, a permis d'entendre les interprétations les plus diverses de ce compositeur, signe s'il en était besoin de la qualité de son écriture et de la richesse de son oeuvre.
Clarté des voix, des paroles, des plans sonores, de la polyphonie, respiration des phrasés, tout oppose l'interprétation de Jordi Savall à celle de William Christie la veille. Les effectifs choisis sont il est vrai plus réduits, ce qui donne une plus grande clarté et permet de mieux profiter de l'acoustique naturelle de l'abbatiale - acoustique étonnante quand on y a entendu le même jour, du fond de la nef, l'ensemble de violes Jérôme Hantaï sonner avec la plénitude sonore d'un ensemble à cordes moderne.

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Dans leurs premières interventions solistes, les voix de dessus semblent limitées par leur clarté et leurs ouvertures buccales un peu contraintes, mais elles s'épanouissent peu à peu et forment un bel ensemble dans la messe. La voix fraîche d'Ariana Savall, quelque peu privilégiée dans la distribution, va encore se développer.
La parti-pris de faire chanter les parties de haute-contre par des contre-ténors contribue à alléger l'ensemble, à lui donner plus de transparence et moins de chair. Pascal Bertin est toujours excellent. Jean-François Novelli, bien sonnant, aurait eu sa place dans la distribution de la veille pour ses phrasés expressifs parfois à l'emporte-pièce, où son enthousiasme laisse ici et là quelques trous.
Tous manifestent une grande pureté vocale. L'ensemble traduit une belle gravité et intériorité et transmet une émotion intense.

Le Stabat Mater pour des religieuses ennuie à la longue par son minimalisme répétitif. Il prépare en cela l'auditeur à la belle pièce commandée à Arvo Pärt que l'ensemble a donnée en bis.
Comme pour se mettre au diapason des interprètes, le public de l'abbatiale pourtant aussi comble que la veille a manifesté son enthousiasme de manière moins bruyante!

Alain Zürcher

 
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