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*** Lotario OC Paris Théâtre des Champs-Élysées 15/06/2005

 
Paul Goodwin (dm)
Adelaide  : Nuria Rial
Lotario  : Lawrence Zazzo
Matilde  : Kristina Hammarström
Berengario  : James Gilchrist
Clodomiro  : Hubert Claessens
Idelberto  : Tim Mead

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Cet opéra peu connu de Haendel souffre d'un livret particulièrement ridicule. À écouter cette version de concert, on se demande quelle mise en scène pourrait lui donner un semblant de crédibilité et d'intérêt.
Après un acte d'exposition aux airs bien plats, les deuxième et troisième actes sont heureusement d'une richesse musicale et dramatique croissante. L'orchestre comme les chanteurs semblent aussi rentrer très lentement et difficilement dans l'oeuvre. Le Kammerorchester Basel sonne d'abord bien maigrelet avant de trouver un son plus plein et un meilleur ensemble. Sous la baguette de Paul Goodwin et avec une distribution proche, il a récemment enregistré des extraits de cette oeuvre.

La jeune Nuria Rial sonne d'abord très légère et peu soutenue. Elle chante son air de la fin du premier acte, "Scherza in mar la navicella" (le premier air remarquable de la partition), avec une impeccable virtuosité qui n'en épuise cependant pas le potentiel. Jusqu'au troisième acte et son bel air "Non sempre invendicata", elle donne à son chant peu à peu plus de rondeur et de soutien. Encore dénuée de défauts et ne forçant jamais sa voix, Nuria Rial est pour le moins prometteuse.

Le très jeune Tim Mead a une jolie voix souple et bien connectée. Son chant est bien phrasé et ses ornements sont souplement intégrés à la ligne vocale. Il transmet une belle intensité dans son dernier air "S'è delitto", porté par une musique enfin plus dramatique.

Lawrence Zazzo est d'abord le seul à donner une véritable chair dramatique et humaine à son personnage et à son chant. Son air du premier acte "Rammentati cor mio" est le premier qui réussisse à communiquer un sentiment, grâce peut-être au legato et aux belles couleurs vocales de Zazzo. Son bel air vigoureux "Già mi sembra al carro avvinto" est également bien conduit avec une belle plénitude de timbre. Dans "Tiranna, ma bella", ses qualités vocales et musicales donnent à nouveau plus d'intérêt à la musique que Haendel confie à son personnage.

Kristina Hammarström est une chanteuse impeccable mais d'abord un peu trop propre et froide, avant de trouver au troisième acte davantage de tonus pour son bel air "Impara, codardo". Haendel lui offre quelques airs qui, interprétés avec plus de corps et de passion, pourraient être impressionnants, comme "Arma lo sguardo" au deuxième acte et "Quel superbo già si crede" au troisième.

James Gilchrist a d'abord une émission dure et directe, plus articulée que liée. Son air du premier acte "Non pensi quell'altera" n'est certes pas passionnant. Mais au deuxième acte, il rend avec un bon tonus son bel air de rage "D'instabile Fortuna", avant d'offrir un superbe "Vi sento si" au dernier acte, grâce à une émission plus souple et un meilleur legato.

Seul Hubert Claessens reste mal chantant de bout en bout, avec une voix accusant des problèmes vocaux croissants au fil de la soirée. Bien chanté, son air "Alza il ciel" du troisième acte serait pourtant superbe. Hélas, il le beugle d'une voix sourde sans graves ni aigus, cognant son phrasé sans stabilité de posture et bouchant tous ses aigus. "Se il promette calma" pourrait aussi être beau.

À écouter le 29 juin 2005 à 20h sur France-Musiques.

Alain Zürcher

 
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