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Die Zauberflöte OC | Paris | Théâtre des Champs-Élysées | 08/12/2005 |
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Jean-Christophe Spinosi (dm) |
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Pour une fois, un concert de l'ensemble Matheus pèche davantage par le niveau des instrumentistes que par celui des chanteurs. Plusieurs de ces derniers sont en effet des titulaires idéaux de leurs rôles, tandis que Jean-Christophe Spinosi s'attaque à une partition dont l'écoute est nourrie de nombreuses références. S'il lui apporte son tonus habituel, celui-ci sonne ici parfois inutilement stressé, tandis que des voix intermédiaires et de nombreux petits motifs nourrissant le tissu orchestral comme le discours de Mozart passent à la trappe. Le choeur Mélisme(s) est lui merveilleux. D'un ensemble parfait, chacune de ses interventions est remarquablement caractérisée, comme si une équipe différente avait apporté un regard neuf sur chacune. La version proposée est une adaptation avec récitant. On s'attend d'abord au pire, c'est à dire à ce que réservent habituellement ces versions franco-originales, parlées-chantées, où alterne récitant amplifié et chanteurs non-amplifiés, mais les interventions de Daniel Mesguich sont finalement discrètes. Elles renseignent suffisamment le spectateur ignorant de l'oeuvre sans trop perturber celui qui la connaît par coeur. Les trois Dames forment un beau trio aux voix bien différenciées. Avec des réminiscences de Thomas Hampson, Luca Pisaroni est aussi un Papageno idéal, très souple et naturel dans son timbre comme dans ses phrasés et dans son jeu. Toujours expressif, il ne tombe jamais dans la caricature ou la facilité. Guidé par le sentiment juste de chaque scène, il témoigne toujours d'une grande justesse humaine. Cette priorité donnée à l'interprétation le conduit juste à grossir un peu sa voix dans son duo avec Pamina, où il joue peut-être trop le balourd face à la grâce d'Ingela Bohlin. Ailleurs, son timbre est sombre mais pas grossi. On avait pu l'entendre ici-même en Figaro des Noces dirigées par René Jacobs. Manfred Hemm est un excellent Sarastro aux beaux graves bien pleins et clairs. S'il traduit à merveille la noblesse hiératique de son personnage, on peut cependant lui reprocher de chanter en permanence à plein régime, au risque de détonner parfois, comme en se saturant de son propre son, alors même que l'orchestre l'accompagne avec douceur et ne le couvrirait jamais. Si cette production offre déjà d'excellents éléments, elle dispose encore d'une bonne marge de progression pour séduire de bout en bout. À écouter sur France-Musique le 11/01/2006 à 20h. Alain Zürcher |
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