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**** Die Zauberflöte OC Paris Théâtre des Champs-Élysées 08/12/2005

 
Jean-Christophe Spinosi (dm)
Tamino  :  Stefano Ferrari
Sarastro  :  Manfred Hemm
Pamina  :  Ingela Bohlin
Papageno  :  Luca Pisaroni
Papagena  :  Céline Ricci
Monostatos  :  François Piolino
Die Königin der Nacht  :  Anna Kristiina Kaapola
Der Sprecher, le 2ème prêtre, le 1er homme d'armes  :  François Lis
Le 1er prêtre  :  Philippe Talbot
La 1ère dame  :  Cora Burggraaf
La 2ème dame  :  Blandine Staskiewicz
La 3ème dame  :  Elodie Méchain
Les 3 enfants  :  Maîtrise des Hauts-de-Seine
Récitant  :  Daniel Mesguich

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Pour une fois, un concert de l'ensemble Matheus pèche davantage par le niveau des instrumentistes que par celui des chanteurs. Plusieurs de ces derniers sont en effet des titulaires idéaux de leurs rôles, tandis que Jean-Christophe Spinosi s'attaque à une partition dont l'écoute est nourrie de nombreuses références. S'il lui apporte son tonus habituel, celui-ci sonne ici parfois inutilement stressé, tandis que des voix intermédiaires et de nombreux petits motifs nourrissant le tissu orchestral comme le discours de Mozart passent à la trappe.
Le son de l'orchestre paraît très sec pendant l'ouverture, puis on s'y habitue. Sautant avec un bruit de claquettes sur son podium, Jean-Christophe Spinosi veut resserrer et exciter les tempi mais ses musiciens le suivent avec peine et perdent parfois leur respiration dans cet effort. Pendant le trio des enfants "Seid uns zum zweiten Mal willkommen", les violons sont particulièrement faibles. Dans le choeur final, l'orchestre est à nouveau un peu maigre pour soutenir les traits musicaux les plus nobles.

Le choeur Mélisme(s) est lui merveilleux. D'un ensemble parfait, chacune de ses interventions est remarquablement caractérisée, comme si une équipe différente avait apporté un regard neuf sur chacune.

La version proposée est une adaptation avec récitant. On s'attend d'abord au pire, c'est à dire à ce que réservent habituellement ces versions franco-originales, parlées-chantées, où alterne récitant amplifié et chanteurs non-amplifiés, mais les interventions de Daniel Mesguich sont finalement discrètes. Elles renseignent suffisamment le spectateur ignorant de l'oeuvre sans trop perturber celui qui la connaît par coeur.

Les trois Dames forment un beau trio aux voix bien différenciées.
Ingela Bohlin est une excellente Pamina, quoiqu'elle pousse un peu de souffle sur sa voix de poitrine dans son duo avec Papageno.
Stefano Ferrari, déjà entendu dans La Griselda, conduit bien sa voix à partir de sons fermés. Son émission est hélas souvent trop appuyée et manque de rayonnement, ce qui pourrait à terme le fatiguer.
La finlandaise Anna-Kristiina Kaapola est excellente, avec des aigus parfaits mais aussi de belles lignes dans le médium.
Dans sa première intervention en Sprecher, François Lis appuie beaucoup trop son émission, ce qui fait bouger sa voix et grossit sa diction. Il trouve ensuite un meilleur équilibre.
Céline Ricci a une émission assez latérale et tendue, ce qui n'est pas gênant dans son court rôle. Son duo avec Papageno est mené à un train d'enfer de manière très efficace.
François Piolino est un Monostatos d'anthologie. Son émission directe et bien sonnante convient à merveille au personnage, comme son jeu hyperactif, d'une vilénie amplifiée à la Tex Avery.

Avec des réminiscences de Thomas Hampson, Luca Pisaroni est aussi un Papageno idéal, très souple et naturel dans son timbre comme dans ses phrasés et dans son jeu. Toujours expressif, il ne tombe jamais dans la caricature ou la facilité. Guidé par le sentiment juste de chaque scène, il témoigne toujours d'une grande justesse humaine. Cette priorité donnée à l'interprétation le conduit juste à grossir un peu sa voix dans son duo avec Pamina, où il joue peut-être trop le balourd face à la grâce d'Ingela Bohlin. Ailleurs, son timbre est sombre mais pas grossi. On avait pu l'entendre ici-même en Figaro des Noces dirigées par René Jacobs.

Manfred Hemm est un excellent Sarastro aux beaux graves bien pleins et clairs. S'il traduit à merveille la noblesse hiératique de son personnage, on peut cependant lui reprocher de chanter en permanence à plein régime, au risque de détonner parfois, comme en se saturant de son propre son, alors même que l'orchestre l'accompagne avec douceur et ne le couvrirait jamais.

Si cette production offre déjà d'excellents éléments, elle dispose encore d'une bonne marge de progression pour séduire de bout en bout.

À écouter sur France-Musique le 11/01/2006 à 20h.

Alain Zürcher

 
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