Écoutes de Spectacles |
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Roberto Alagna R | Paris | Salle Pleyel | 17/09/2006 |
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Dans le cadre de la réouverture de la Salle Pleyel, la journée portes ouvertes de l'Orchestre de Paris se terminait étrangement par un récital de Roberto Alagna accompagné au piano. Non annoncé dans le programme de saison, il a attiré un mélange d'amateurs et de curieux qui n'a pas boudé son plaisir au moment des rappels. Ce récital laisse cependant une impression très ambiguë. "Plus ne suis ce que j'ai été", c'est ce que chante avec insistance Roberto Alagna sur la musique de ses frères. Message guère codé pour ses admirateurs, comme pour se faire pardonner son repli vers une tessiture et un répertoire plus faciles, mais aussi occasion de faire de sa déchéance vocale une nouvelle source d'émotion et donc de spectacle et de succès. Roberto Alagna se replie sur un répertoire qu'il a toujours aimé et qu'il sert bien. Son récent disque Luis Mariano (pas aussi facile à chanter!) a rencontré de même un succès considérable. On espère que l'annulation de sa tournée Mariano de cet automne permettra à Roberto Alagna de reprendre des forces et d'honorer les plus raisonnables de ses futurs engagements verdiens non encore annulés - dont un véritable abonnement au festival d'Orange et des engagements à l'opéra de Paris qui arrivent bien tard dans sa carrière. On n'imagine pas encore Roberto Alagna sur une scène d'opérette, mais pourquoi pas? Régine Crespin y était après tout un monstre aussi déplacé. Pas très à l'aise en première partie de récital, il se "lâche" peu à peu. Est-il sincèrement heureux de son nouveau répertoire? Les rappels lui permettent en tout cas de transmettre des émotions moins convenues et frelatées qu'en début de concert. Parmi les Arie Antiche, difficile de ne pas charger d'émotion "Pietà Signore", mais "Per la gloria d'adorarvi" et "O cessate di piagarmi" sont assez consternants. Bien connus des débutants, ces airs ne sortent pas des limites d'un médium confortable, comme toutes les mélodies de ses frères offertes en première partie.
La nouvelle salle Pleyel a elle donné toute satisfaction. Certes, le hall est toujours aussi petit quand le public s'y presse, mais les ouvreuses gagneront sans doute en dextérité dans le déchirement des billets, et une signalétique plus visible sera peut-être installée? Le foyer de l'étage est lui aussi petit mais bien agréable à l'entracte. Les espaces d'accueil ont conservé ou parfois retrouvé leur style art déco. D'innombrables éléments modernes ont par contre été ajoutés à la salle, que ce soit pour l'acoustique, la lumière ou autres raisons, mais ils ne la défigurent pas davantage que l'oppressante conque boisée d'avant cette dernière rénovation. La clarté de l'atmosphère comme de l'acoustique séduit. Des places ajoutées derrière l'orchestre, on ne perçoit certes pas les harmoniques aigus les plus directifs de la voix, mais la voix chantée porte bien vers le premier balcon. Les places les plus enterrées sous les balcons ont en outre été supprimées. Alain Zürcher |
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