L'Atelier du Chanteur : Page d'Accueil (Home Page) Operabase: Page d'Accueil (Home Page)

Écoutes de Spectacles

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
****½ Philippe Jaroussky C Paris Théâtre des Champs-Élysées 09/11/2006

 
Jean-Christophe Spinosi (dm)
Philippe Jaroussky, contre-ténor

Salle à nouveau comble et enthousiaste pour accueillir Philippe Jaroussky et l'ensemble Matheus dans un programme entièrement consacré à Vivaldi. "Heroes", dit la pochette du disque, marketing oblige, mais comme Andreas Scholl, Jaroussky est un contre-ténor plus élégiaque qu'héroïque.

Les cordes de Matheus ont caressé la musique de Vivaldi avec une finesse inégalée. Cette musique simple, qui est toute mouvement et musicalité, convient parfaitement à Jean-Christophe Spinosi. Les pièces instrumentales offertes en intermèdes sonnent un peu frustes, la Sinfonia en ut majeur RV116 comme une simple ébauche, le concerto pour deux violons en ré majeur RV513 dans une étrange interprétation flottante, suspendue, au bord de se déliter mais rebondissant chaque fois en un nouvel élan. La finesse devient ici fragilité, accentuée par les virevoltes de Jean-Christophe Spinosi qui, soliste et chef à la fois, doit abandonner tour à tour son public ou ses musiciens.

Philippe Jaroussky est sublime dans l'élégie de "Mentre dormi" ou de "Sovvente il sole". Le temps y est suspendu en pure poésie. Les airs vocalisants ("Se in ogni guardo", "Fra le procelle") sont véloces mais toujours un peu clairs et désincarnés. Comme Andreas Scholl en Giulio Cesare ici-même le mois dernier, il laisse l'amateur sur sa faim, quoiqu'il déclenche l'enthousiasme du public. Paradoxalement, lancer ces traits par des mouvements de tout son corps leur donne un ancrage moins profond que le calme qu'il a acquis dans les mouvements lents. À l'entracte, la comparaison avec les mimiques et la gestique bartoliennes revient dans la conversation de plusieurs spectateurs.

Les brusques passages en poitrine de "Frema pur, si lagni Roma" ou de "Nel profondo cieco mondo" sont délicats à gérer. Dans "Vedrò con mio diletto", Philippe Jaroussky trouve par contre une meilleure concentration du médium, plus rond et chaud. Son phrasé y est toujours sublime.

À écouter sur France-Musique le 19/12/2006 à 10h.

Alain Zürcher

 
http://chanteur.net - ©1998-2018 L'Atelier du Chanteur® - Tous droits réservés - CGU - Publicité - Contact