|
|
Écoutes de Spectacles |
|
||
|
|
Germania | Berlin | Deutsche Oper | 05/01/2007 |
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Attilio Tomasello (dm) Kirsten Harms (ms) Andreas K. W. Meyer (dr) Bernd Damovsky (d) Gabriele Jaenecke (c) |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]() Luigi Illica, le librettiste entre autres de Puccini, a réussi à caser dans Germania non seulement la patrie, l'amitié, l'amour mais aussi la mamma! Le riche fils de banquiers Franchetti, né en Italie, formé en Allemagne et installé à Baden-Baden en a fait un "grand opéra" un peu indigeste. Moins brutalement vériste que ses contemporains italiens, il compose une musique agréable, souvent illustrative, qui coule facilement sans saillie particulière ni grand génie mélodique. L'oeuvre souffre de quelques longueurs, comme pendant le duo d'amour entre les jeunes mariés. Le baryton irlandais d'origine italienne Bruno Caproni est excellent quoique moins royal que dans le rôle de Miller deux jours plus tard. Il surtimbre son médium avec un larynx bas et beaucoup de métal, et pousse en contrepartie un rien des aigus un peu bouchés. La mise en scène est très classique, avec un jeu d'acteurs sans surprise, dans un décor entre réalisme et symbolisme : une page imprimée (donnant le contexte historique de l'oeuvre!) sert de fond à la première scène puis les livres jonchent le sol de la bataille. En cela, la production sert bien le livret, où Illica met comme souvent un point d'honneur à situer une intrigue amoureuse privée dans un environnement historique et humain particulier. Dans la même veine où Illica adaptait le cliché de la "bohème" parisienne de Murger*, on a ainsi droit au cliché de l'étudiant allemand : tavernes, confréries, exaltation romantique, patriotisme, poésie et philosophie... Comme dans Tosca, un opposant est caché dans une cave. L'oppresseur a ici nom Napoléon! Les personnages sont vaguement odieux, comme c'est souvent le cas dans les pièces mélodramatiques. La salle n'est malheureusement pas comble pour cette oeuvre pourtant originale et intéressante, qui n'avait pas été monté en Allemagne depuis sa création en 1908! La placidité du public est étonnante : il n'applaudit pas entre le prologue et l'acte I ni entre l'acte II et l'épilogue. Alain Zürcher* Finement moqué par Robert-Louis Stevenson dans The Wrecker, sans doute son meilleur roman, dont le texte est disponible en ligne et a été traduit en français chez Phébus sous le titre Le trafiquant d'épaves. La salleLe Deutsche Oper est un opéra Bastille en plus petit, avec une acoustique bien plus agréable. Deux balcons surplombent le parterre bien incliné et se prolongent des côtés le long des parois. Ces balcons sont plaqués de plastique imitant le bois et les fauteuils sont couleur caca d'oie. |
| contact |