Écoutes de Spectacles |
|
|||
|
|
Lady Macbeth de Mzensk | Massy | Opéra | 15/03/2007 |
|
|
||||||||||||||||||||||||||||
|
Kostantine Tchudovsky (dm) Dmitri Bertman (ms) Igor Nezhny (d) Tatiana Tulubieva (c) Alexandre Nilov (l) |
|
|||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||
![]() photo © Opéra Paris Sud Les hasards de la programmation permettent de voir sur scène cette Lady Macbeth quelques jours après la programmation au Châtelet, en version de concert, de sa version remaniée par Chostakovitch en 1963, Katerina Ismaïlova. À l'exception de la coupure de quelques scènes un peu crues et de modifications de détail de l'orchestration et du texte, il s'agit de la même oeuvre. Une oeuvre si belle, juste et riche que deux versions successives ne l'épuisent en rien. Si Katerina Ismaïlova est une rareté en France, cette production de Lady Macbeth a été en 2000 la première montée en Russie depuis son interdiction par Staline en 1936. On peut admirer l'école russe de musique, qui nous offre un deuxième brillant jeune chef en la personne de Kostantine Tchudovsky... et l'école russe de chant, décidément la meilleure du monde au moins depuis la fin du XXe siècle, qui nous offre une deuxième distribution éblouissante après celle du Châtelet. Toute la production est plus moderne et réussie que le Boris Godounov présenté la semaine dernière. Le décor sombre est parcouru de tuyaux métalliques comme une raffinerie. Les employés (serfs?) sont tour à tour ouvriers et cadres (pourquoi?). Au premier plan un grand fauteuil rouge rappelle le canapé-lèvres de la Lulu de Willy Decker à la Bastille. La chambre de Katerina est efficacement représentée par une cage grillagée où son beau-père l'enferme tous les soirs. Toutes les scènes d'ensemble sont très réussies : l'orgie y est plus tonique (voire mécanique, donc comique) que vulgaire. Chorégraphies et déplacements sont fluides et justes. Choristes et solistes se montrent ce soir très à l'aise. Les voix présentent une solidité et une homogénéité d'un autre âge sur toute la tessiture. L'orchestre de Massy est précis et tonique, traduisant avec virtuosité la variété des climats de l'oeuvre. La folie physique et orchestrale du premier rapport sexuel de Katerina et Sergueï est excellemment rendue. Excellente aussi la scène des "champignons" puis le pope vénal et miteux. On ne peut regretter que la trop forte amplification des deux passages où le fantôme de Boris utilise un porte-voix et où l'ivrogne joue le chanteur pop. Les policiers, aussi caricaturaux que le pope, sont chorégraphiés de manière très amusante. À voir à l'opéra de Massy les 16 et 18 mars. Alain Zürcher |
| contact |