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Écoutes de Spectacles

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**½ Ciro in Babilonia OC Paris Théâtre des Champs-Élysées 12/01/2008

 
Jean-Claude Malgoire (dm)
Ciro  : Nora Gubisch
Baldassare  : Cyril Auvity
Amira  : Elena de la Merced
Argene  : Sophie Daneman
Arbace  : Daniel Auchincloss
Zambri  : Till Fechner
Daniello  : Pierre-Yves Pruvot

Cet opéra peu connu date de 1812, année où Rossini composa nombre de petits chefs d'oeuvre : rien moins que L'Inganno felice en janvier, Ciro in Babilonia en mars, La scala di seta en mai, La Pietra del paragone en septembre et L'occasione fa il ladro en novembre! Dans sa veine sérieuse, Ciro n'est pas dépourvue de beautés, ainsi l'air avec choeur de Baldassare ou la grande scène de Ciro au second acte.

Jean-Claude Malgoire est déjà familier de cet ouvrage, qu'il a dirigé en 1992 à Tourcoing et à Pérouse. Sa direction n'a pas le tonus et le dramatisme d'un Spinosi mais est honnête et équilibrée. Les membres de la Grande Écurie et la Chambre du Roy sont poussés aux limites de leur virtuosité.

Côté voix, ce n'est pas tant la virtuosité qui fait défaut que pour certains la voix elle-même et son impact dramatique. L'effectif se divise nettement en deux : sur un plateau de la balance réduit par le nombre mais lourd par la qualité, on trouve Nora Gubisch, Elena de la Merced et Pierre-Yves Pruvot. Tous trois ont des moyens vocaux conséquents et les mettent efficacement au service de l'oeuvre, ce qui tend à prouver a contrario que le reste de la distribution manque plutôt de moyens que d'engagement. Si Sophie Daneman est fidèle à elle-même, Till Fechner (malade?) sonne bizarrement pâteux dans un rôle brillant qu'il aurait naguère assuré avec panache. Daniel Auchincloss est terne, mais son petit rôle ne lui permet pas plus de gâter la soirée que celui de Pierre-Yves Pruvot d'en faire un triomphe. Si on veut écouter ce dernier dans un rôle plus important, il faudra aller écouter son Zurga en mars à Trieste, sous la direction de l'excellent Frédéric Chaslin et avec Annick Massis en Leïla!
Le cas de Cyril Auvity est plus dommageable. Une bonne partie de l'oeuvre repose en effet sur ses épaules, or celles-ci ne sont pas très larges pour le héros qu'il devrait être. On peut souffrir ou non de l'émission ouverte (criée) de ses aigus, mais il est difficile d'être tranporté le moins du monde par son incarnation dramatique. Inadéquation à la fois sans doute de tempérament et de vocalité, erreur de distribution donc qu'on ne saurait lui imputer.

On pouvait cependant passer la soirée assez agréablement en profitant des interventions de l'équipe "A", qui gagnaient heureusement en qualité musicale et en intérêt dramatique au cours du second acte.

Alain Zürcher

 
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