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Écoutes de Spectacles

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**** Falstaff Paris Théâtre des Champs-Élysées 19/06/2008

 
Alain Altinoglu (dm)
Mario Martone (ms)
Sergio Tramonti (d)
Ursula Patzak (c)
Pasquale Mari (l)
Falstaff  :  Alessandro Corbelli
Ford  :  Ludovic Tézier
Fenton  :  Francesco Meli
Dr Cajus  :  Enrico Facini
Pistola  :  Federico Sacchi
Bardolfo  :  Patrizio Saudelli
Alice Ford  :  Anna Caterina Antonacci
Meg Page  :  Caitlin Hulcup
Mrs Quickly  :  Marie-Nicole Lemieux
Nanetta  :  Amel Brahim-Djelloul

photo © Alvaro Yañez

Cette coproduction avec l'Opéra de Montpellier est aussi équitablement partagée entre artistes français et italiens. La distribution réunie est particulièrement intéressante. Falstaff n'est pas un opéra de solistes, mais les chanteurs ayant un air ou une scène qui les met en valeur s'en tirent ce soir remarquablement bien. Seconde qualité, les ensembles sont équilibrés et fonctionnent de manière efficace après dissipation des inévitables flottements de départ.

La soirée a vraiment pris son envol après la visite de Mrs Quickly à Falstaff. Marie-Nicole Lemieux y est idéale tant scéniquement que vocalement. Elle impose d'entrée une personnalité, une présence. Même Alessandro Corbelli, qui est un vieux routier des scènes, a besoin d'une stimulation de ce genre pour donner le meilleur de lui-même, et l'orchestre semble enfin se concentrer et entrer dans le style et l'élan de l'oeuvre. Est-ce l'acoustique de la salle, une certaine lourdeur instrumentale ou la direction d'Alain Altinoglu? Il a semblé ce soir que l'équilibre aurait pu être plus en faveur du plateau, que les voix auraient pu rayonner plus facilement au-dessus d'un orchestre plus pétillant. Nul doute qu'il entrera de plain-pied dans l'oeuvre au fil des représentations et que la dernière sera idiomatique d'un bout à l'autre!

La mise en scène de Mario Martone n'est pas un miracle d'inventivité. Le décor de Sergio Tramonti est tristounet et passe-partout. Les deux fonctionnent pourtant correctement, soutenus par les personnalités des chanteurs, qui ont apparemment eu carte blanche pour s'exprimer.
La voix de bronze de Ludovic Tézier (et sa présence du même métal) en fait est un Ford idéal. Caitlin Hulcup est excellente et tient bien sa place entre Marie-Nicole Lemieux et Anna Caterina Antonacci. Le rôle d'Alice Ford ne permet pas à cette dernière d'affirmer pleinement sa personnalité vocale, mais s'il lui plaît et lui apporte quelque chose pourquoi pas! Alessandro Corbelli est un Falstaff truculent mais pas "hénaurme", presque en retrait, qui met bien en valeur ses partenaires. Amel Brahim-Djelloul est une délicieuse Nannetta et Francesco Meli un superbe Fenton. Enrico Facini est bouffe à souhait en Docteur Cajus. Federico Sacchi est presque surdimensionné pour le rôle de Pistola, mieux sonnant en tout cas qu'ici-même dans Semiramide mais aussi impressionnant que dans Tancredi.
Comme souvent, le Théâtre des Champs-Élysées permet de retrouver des chanteurs déjà appréciés ici : Amel Brahim-Djelloul et Marie-Nicole Lemieux dans Pelléas et Mélisande, Anna Caterina Antonacci et déjà Amel Brahim-Djelloul dans L'incoronazione di Poppea.

À voir jusqu'au 29 juin au Théâtre des Champs-Élysées. À écouter ultérieurement sur France-Musique.

Alain Zürcher

 
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