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***½ Elina Garanca C Paris Théâtre des Champs-Élysées 15/11/2008

 
Karel Chichon (dm)
Elina Garanca, mezzo-soprano

Parfaite en Sesto de la Clémence de Titus au Palais Garnier en 2006, Elina Garanca a chanté Cenerentola ici-même dans la reprise de 2004 de la mise en scène d'Irina Brook (vue en 2003 avec Vivica Genaux). En 2005, elle chantait Dorabella dans le Cosi mis en scène par Chéreau (vu lors de sa reprise en 2006 avec Hannah Esther Minutillo).
Née en Lettonie en 1976, Elina Garanca est une chanteuse accomplie dont on apprécie la souplesse et l'homogénéité vocales. Son émission très équilibrée et concentrée lui ouvre le répertoire mozartien et straussien, mais le programme de ce soir révèle d'autres facettes plus latines de son talent!

Elina Garanca est capable de se plier aux nécessités de chaque langue, de chaque style. En contrepartie, elle n'affirme pour l'instant une personnalité extraordinaire dans aucun de ces répertoires différents. En début de soirée, deux airs belcantistes lui laissent à peine le temps de se mettre en voix, et au public de commencer à savourer cette musique, qu'elle est déjà passée à Carmen. "All'afflitto è dolce il pianto" permet quand même d'apprécier la chaleur de son timbre et la qualité de son phrasé.

En Carmen, son français est impeccable, même si ses respirations ne sont pas toutes idéalement placées. Sa bohémienne est lyrique, sans vulgarité. De Lalo déjà, la symphonie était espagnole : ce sera dès lors le thème de la soirée. Où l'on découvre que les Français ne sont pas les seuls à avoir écrit des espagnolades : il faut aussi compter avec les Espagnols eux-mêmes! Le jeune et brillant chef d'orchestre Karel Chichon s'en donne à coeur joie et Elina Garanca se coule dans le style de la zarzuela avec naturel, du moins pour des oreilles françaises! Tout au plus peut-on imaginer dans ces airs plus de gouaille, de mordant, de vitalité, de rudesse... mais elle en donne une version lyrique très convaincante.

Dans Granada offert en bis, Elina Garanca témoigne d'une parfaite connexion physique de sa voix. Marechiare de Tosti la montre un peu plus en retrait par rapport à un orchestre rutilant, et son italien semble conserver des traces d'espagnol!
Un agréable concert au programme séduisant, chaleureusement applaudi par le public!

Alain Zürcher

 
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