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Le nozze di Figaro | Strasbourg | Opéra | 26/12/2008 |
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Roland Böer (dm) Nicholas Hytner (ms) Stephen Taylor (reprise) Maria Bjornson † (dc) Simon Trottet (l) |
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![]() photo © Alain Kaiser L'opéra du Rhin offre à son public une superbe reprise pour les fêtes. Venant de Genève, cette production a déjà été créée ici en 2004. La mise en scène de Nicholas Hytner a été reprise pour l'occasion par Stephen Taylor, avec grand talent apparemment, le jeu d'acteurs étant ce soir assez approfondi, avec une bonne attention portée aux attitudes et expressions des personnages pendant qu'ils ne chantent pas. Les décors de Maria Bjornson forment un merveilleux écrin pour les voix comme pour l'action. Des parois gris pâle d'architecture classique forment les côtés et le fond d'une boîte qui accentue la perspective et donne une impression d'espace malgré la taille réduite du plateau. Particulièrement pertinents au premier acte, ces parois pivotantes ouvrent l'espace de la chambre de Suzanne et Figaro entre les appartements du comte et ceux de la comtesse. Le quatrième acte est réellement nocturne, avec des arbres dans la pénombre. Ce réalisme le rend d'emblée crédible et efficace en plus d'être beau visuellement. Les costumes sont eux d'inspiration d'époque. Le plateau vocal est excellent jusque dans les petits rôles. Loïc Félix campe un excellent Basilio en petit "abbé" précieux. Jeannette Fischer et René Schirrer forment un couple Marcellina-Bartolo de luxe. Du coup l'air de Marcellina "Il capro et la capretta" n'est pas coupé. Alain Domi, issu des choeurs, est un impayable Antonio. Dès l'ouverture, la direction de Roland Böer est tonique et souple. Judicieusement informés des traditions d'interprétation les plus authentiques, les chanteurs ornent les reprises de leurs airs. L'acoustique du théâtre, renforcée encore par le dispositif scénique, est flatteuse, parfois trop pour les ensembles, pourtant très en place et bien chantés. La fosse a une profondeur "germanique" et le son de l'orchestre en est agréablement fondu, au grand bénéfice des chanteurs et de l'action, quoiqu'au détriment peut-être d'une écoute plus analytique des timbres instrumentaux. À voir à l'opéra de Strasbourg jusqu'au 4 janvier, puis à Mulhouse les 16 et 18 janvier et à Colmar le 25 janvier 2009. Alain Zürcher |
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