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Elias O | Paris | Théâtre des Champs-Élysées | 10/01/2009 |
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Kurt Masur (dm) |
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![]() photo © Chris Lee Kurt Masur a certainement quelque autorité pour diriger Elias. Le chef honoraire de l’Orchestre National de France a en effet dirigé pendant vingt-six ans l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, la formation dont Mendelssohn fut lui-même le chef attitré. Cette oeuvre ayant été créée par plus de 400 exécutants, on serait mal venu d'en souhaiter une exécution plus légère. Les choristes de l'époque étaient peut-être cependant placés dans des conditions acoustiquement moins avantageuses que la conque de bois du théâtre des Champs-Élysées, et les instrumentistes jouaient des instruments moins sonores et plus capricieux. Quant à la direction, l'orchestre semble jouer ce soir en pilote automatique - au terme certes d'une longue collaboration avec le chef, dont il doit deviner tous les souhaits, mais avec peut-être aussi une timidité ou un respect trop grand. Mendelssohn avait-il une conception aussi carrée de son oeuvre? N'était-il pas nourri aussi des inflexions piétistes de l'oeuvre de Bach ou des coloris multiples des oratorios de Haydn, sans parler de ses contemporains romantiques? Malgré l'acoustique ici trop dure et sonore pour une oeuvre de cette ampleur, malgré plusieurs remplacements de solistes, malgré même la banalité de l'orchestration de Mendelssohn, il aurait été possible d'insuffler plus de vie et de souplesse à cette fresque biblique! Dans le rôle-titre, Alastair Miles remplace Bryn Terfel. Son émission d'abord très brute trouve dès "Herr Gott Abrahams" sa concentration et ses harmoniques. Son timbre reste cependant fruste, ce qui peut donner une certaine franchise à son incarnation. On regrette tout de même qu'il ouvre certaines voyelles allemandes fermées. L'orchestre est étrangement inconsistant pour ses deux airs "Ist nicht des Herrn Wort wie ein Feuer" et "Es ist genug", dénués de ligne directrice, de tension dramatique, de respiration. Est-ce dû au manque de répétitions pour ce remplacement, ou à la crainte de couvrir Alastair Miles avec un volume orchestral étudié pour Bryn Terfel? Bien qu'Alastair Miles assure correctement sa partie, en l'absence d'un soutien orchestral de la voix, l'effet d'ensemble est très frustrant! Une belle brochette de jeunes chanteurs chantent les anges. Si les voix de leur double quatuor ne se fondent guère harmonieusement, les ensembles suivants sont réussis. C'est la version allemande qui est donnée ce soir. Des surtitres auraient été appréciés. Aux saluts, sous les applaudissements fournis, Kurt Masur embrasse longuement toutes les solistes et chefs de pupitre. Ce n'est pourtant pas un concert d'adieu, puisqu'il dirigera à nouveau l'ONF ici-même le 15 janvier, avant de l'emmener fêter le printemps en Allemagne en jouant l'intégrale des symphonies de Beethoven! À écouter le 26 janvier à 20h sur France-Musique. Alain Zürcher |
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