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Zoroastre | Paris | Opéra Comique | 27/03/2009 |
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Christophe Rousset (dm) Pierre Audi (ms) Amir Hosseinpour (chg) Patrick Kinmonth (dc) Peter Van Praet (l) |
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Il est en principe rassurant, mais parfois dangereux, d'inviter une production très appréciée ailleurs quelques années auparavant. Le spectacle de ce soir a été très applaudi par le public et la critique à Drottningholm en 2005 puis lors de sa sortie en DVD en 2006. Elle nous est ici offerte avec sa distribution d'origine, qui avait tout de même suscitée quelques réserves de la part de certains critiques. Depuis, choristes et solistes ont certainement amélioré leur français, car on n'est gêné par aucun défaut de prononciation, et tous sonnent même très idiomatiques. Même les oreilles les plus indulgentes feraient par contre difficilement l'éloge des qualités d'ensemble du choeur. Le plateau laissé nu de Drottningholm avait déjà été critiqué, mais du moins la version d'origine utilisait-elle de multiples toiles peintes présentant les décors classiques de toute tragédie lyrique. Nous n'avons droit ce soir qu'à des nuages, certes superbes. La beauté des lumières a été soulignée, mais aussi son uniformité. À l'exception d'un épisode rougeoyant, toute la soirée baigne dans un éclairage doré, ne variant qu'entre de fines nuances jaunâtres ou bleuâtres. La clarté de la mise en scène de Pierre Audi a été louée, mais comment l'apprécier quand les personnages principaux sont tous pareillemment vêtus de noir ou de gris, de même que leurs acolytes, qui se pressent en permanence sur le petit plateau de l'Opéra Comique en une foule assez indistincte? Et pourtant la beauté des costumes a aussi été admirée à l'époque... La qualité de la direction de Christophe Rousset, elle aussi portée aux nues à Drottingholm, et censée déployer la complexité audacieuse des harmonies ramistes, ne nous fait entendre ce soir qu'un son certes plaisant mais très uniforme de bout en bout, et dans des tempi tout aussi uniformément lents. Le supposé chef d'oeuvre de la tragédie lyrique nous est proposé dans sa seconde version plus abordable car recentrée sur des passions bassement humaines, mais les longueurs n'y manquent pas, et l'action n'est qu'un va-et-vient confus dont on connaît la fin, une succession d'interventions divines, de coups de tonnerre qui donnent l'avantage aux blancs ou aux noirs, sans aucune progression dramatique, aucun approfondissement psychologique. Seul le personnage d'Érinice est un peu plus complexe, et seule son interprète, Anna Maria Panzarella, offre ce soir une prestation convaincante à tous points de vue. Sa scène du début du cinquième acte est superbement incarnée dramatiquement et magnifiquement phrasée musicalement : elle sait donner son sens et son poids exact à une appoggiature, comme elle sait distiller de petites coquetteries vocales tout en légèreté, qui donnent du piquant et du relief à son personnage. La grande faiblesse de la distribution vient des voix masculines graves. Est-ce pour mieux caractériser les méchants qu'elles sont toutes si laides, appuyées, grossies, inégales, instables voire fausses? De manière caractéristique, aucune ne sait chanter un "eu" fermé! Evgueniy Alexiev semble chanter un rôle trop grave pour lui, avec un timbrage artificiel dans le pharynx et une langue trop contractée. Gérard Théruel pousse sa voix, qui bouge et fausse dans une émission trop large. Lars Arvidson chante bas, dans une émission un peu "vomie" et grossie. Dans le petit rôle de Narbanor, Jakob Högström a une émission intérieure et peu libre. Guère plus de plaisir du côté de la chorégraphie, qui accommode à la sauce baroque un style "derviche tourneur" en cassant les corps, outrant des mimiques, singeant des affects... Une reprise décevante donc ce soir. Les trois uniques représentations ont cependant attiré un public considérable, pas franchement délirant dans ses applaudissements, mais dont on espère qu'il continuera à suivre la programmation de l'Opéra Comique avec autant d'intérêt! À voir jusqu'au 29 mars à l'Opéra Comique. Alain Zürcher |
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