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Écoutes de Spectacles

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****½ Les Mamelles de Tirésias Paris Opéra Comique 07/01/2011

 
Ludovic Morlot (dm)
Macha Makeïeff (ms,dc)
Thomas Stache (chg)
Pascal Mérat (l)
Thérèse, La Cartomancienne  : Hélène Guilmette
Le Mari  : Ivan Ludlow
Le Directeur de théâtre, Le Gendarme  : Werner Van Mechelen
Presto  : Christophe Gay
Lacouf  : Loïc Felix
Le Journaliste parisien  : Thomas Morris
Le Fils  : Marc Molomot
La Marchande de journaux  : Jeannette Fischer

photo © Jean-Louis Fernandez

En coproduction avec l'Opéra de Lyon, l'Opéra Comique présente une version très enjouée du chef d'oeuvre de Poulenc. Macha Makeïeff l'inscrit dans l'univers du cirque, fort adapté à cette pièce "surréaliste", où une femme fait s'envoler ses mamelles avant que son mari ne fasse 40049 enfants... Macha Makeïeff est plus à son aise dans cet univers que dans celui qu'elle avait imaginé la saison passée pour La Calisto au TCE.

Le cirque organise l'espace scénique, avec son arche lumineuse qui, rabattue sur la scène, délimite sa piste circulaire, et avec son podium suspendu où ne joue nul orchestre. En prologue du prologue des Mamelles, le Foxtrot de la Jazz Suite n°1 de Dimitri Chostakovich et le Bœuf sur le toit de Darius Milhaud offrent la trame sonore d'une pantomime qui permet de présenter les futurs personnages du "drame", traduits en archétypes de cirque ou de music-hall des années folles, dans une esthétique "Banania" qui est aussi très "zanzibarienne"! Les joueurs de jazz sont passés au cirage, une Joséphine Baker en ceinture de bananes vient aguicher le spectateur puis s'en retourne en coulisse. Un boeuf (sur le toit?) est même promené sur scène. Comédiens, figurants, danseurs et acrobates animent le plateau tout au long de la soirée.

Les chanteurs semblent d'abord avoir été choisis pour leur type physique, encore différencié et outré par costume et maquillage. Le Mari est un matelot voyou (un Pauvre matelot de Darius Milhaud?) qui marque bizarrement ses premières interventions, tandis que Thérèse écrase étrangement ses [a]... Peut-être la faute à l'absence de "retour" sur scène qui avait été annoncée comme un problème technique avant le lever de rideau? Chacun s'adapte cependant rapidement, et Ivan Ludlow chante des aigus solides dès sa scène avec le gendarme, tandis qu'Hélène Guilmette déploie brillamment le panache et les aigus de son rôle. Werner Van Mechelen a quant à lui une solide émission de baryton dès son entrée en directeur, avec un timbre clair mais suffisamment couvert. Christophe Gay et Loïc Felix forment un excellent couple Presto/Lacouf. Marc Molomot a du mérite à se glisser dans la peau d'un horrible grand bébé. Thomas Morris est désopilant en journaliste parisien narcissique et maniéré à l'extrême, personnage non pas de cirque mais poussé à bout selon la même logique. Werner Van Mechelen réapparaît en Colombo, autre archétype, pour jouer le Gendarme.

L'orchestre et les choeurs de l'Opéra de Lyon sont splendides. Le spectacle est gai et coloré de bout en bout, sans que la gratuité ou la surcharge ne gâtent le plaisir pris à ces couleurs et à cette variété. Esthétique de revue, avait-on déjà reproché à Apollinaire, mais le fil de l'histoire est également bien déroulé ce soir.

À voir jusqu'au 13 janvier à l'Opéra Comique. À écouter le 22 janvier à 19h sur France-Musique.

Alain Zürcher

 
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