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Écoutes de Spectacles

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***½ Caligula Paris Théâtre de l'Athénée 08/03/2012

 
Vincent Dumestre (dm)
Alexandra Rübner, Mimmo Cuticchio (ms)
Isaure de Beauval (toiles peintes)
Mimmo Cuticchio (marionnettes)
Patrick Naillet (l)
Caligula  : Jan van Elsacker
Cesonia  : Caroline Meng
Tigrane, Claudio  : Jean-François Lombard
Teosena  : Luanda Siqueira
Gelsa (nourrice), Nesbo  : Serge Goubioud
Artabano, Domitio  : Florian Götz

photo © Maroussia Podkosova

C'est une production de l'ARCAL, destinée donc à largement tourner, que l'Athénée accueille ce soir. C'est aussi une fusion entre le monde de l'opéra, baroque et "reconstitué", et celui de la marionnette, non pas vénitienne mais sicilienne. Il s'agit de marionnettes à tiges, créées et animées par le chaleureux Mimmo Cuticchio, dernier héritier de leur tradition.

Les chanteurs sont cependant présents sur scène, sur les côtés et habillés en noir, mais suffisamment pour détourner l'attention des marionnettes, qui sont elles très peu expressives. Au fil de l'action, on rentre cependant dans leur univers. On comprend par exemple que les parois étrangement basses du décor sont à la taille des marionnettes et non de leurs manipulateurs. On reconnaît les personnages à leurs costumes, à leur coiffure... Les marionnettes s'approchent, s'enlacent, s'éloignent, glissent au-dessus du sol et volent dans les airs comme dans les films de "kung-fu poétique" Histoires de fantômes chinois! Leur art reste cependant quelque peu distant et froid.

Ce n'est pas le cas le lendemain de Mimmo Cuticchio conteur, qui transmet une véritable émotion. Pas plus cependant que tout bon conteur, et sans qu'apparaisse plus de liens entre sa prestation et le chant, ou l'opéra, ou les marionnettes, ou le lointain fantasme du chant des troubadours... Tout au plus note-t-on qu'il hache et martèle sa diction (et sa respiration) dans tous les moments de violence, où il tape également du pied en brandissant son épée.

Ce soir, la musique de Giovanni Maria Pagliardi est plaisante et suit souplement le texte. On n'en retient cependant rien de sublime. Les chanteurs sont très disparates. Si Jean-François Lombard et Luanda Siqueira ont d'agréables émissions souples et lyriques, Jan van Elsacker est plus "brut" (en mécanisme lourd) et proche de la parole. Caroline Meng épaissit sa voix en Knödel, ce qui l'oblige par compensation à appliquer une pression excessive sur ses cordes vocales. Florian Götz est lui aussi assez engorgé. Serge Goubioud alterne avec plus ou moins de bonheur une émission plus seria pour Nesbo et la traditionnelle émission nasale et éraillée des nourrices pour Gelsa.

Sous la direction de Vincent Dumestre, l'ensemble instrumental réduit est tout-à-fait convaincant et maître de son art.

À voir au Théâtre de l'Athénée jusqu'au 11 mars 2012.

Alain Zürcher

 
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