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Écoutes de Spectacles

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**** L'Orfeo OC Paris Théâtre des Champs-Élysées 22/06/2012

 
Thomas Hengelbrock (dm)
Orfeo  : Nicolay Borchev
Proserpine, La messagère  : Anna Bonitatibus
La Musique  : Johannette Zomer
L’Espérance  : Anna Stephany
Eurydice  : Katja Stuber
Pluton  : Guido Loconsolo
Apollon  : Miljenko Turk
Caron  : Marek Rzepka

Le choeur et l'ensemble Balthasar-Neumann ont été fondés par Thomas Hengelbrock, respectivement en 1991 et 1995. Sous la direction de ce chef qui a bien d'autres casquettes (dont celle de metteur en scène), ils offrent une version très homogène de l'Orfeo de Monteverdi. Les jeunes voix se mêlent aux interprètes plus expérimentés, en un travail de troupe d'une grande intensité musicale. Le resserrement à l'intérieur de petits gradins en demi-cercle, l'éclairage réduit et le fond lumineux bleu aident aussi à la concentration sur l'oeuvre, pour un moment de recréation où le temps semble suspendu. Ne l'est-il pas aussi pendant qu'Orphée descend aux Enfers rechercher Eurydice? La troupe nous offre aussi une mise en espace très réussie, qui concentre chaque protagoniste sur son personnage et sa présence physique.

Vocalement, des voix bien typées ont été choisies, notamment dans les petits rôles et les rôles de caractère masculins. Parmi les chanteurs plus expérimentés, Anna Bonitatibus est une superbe Messagère - et une enjôlante Proserpine! Anna Stephany a une voix homogène et bien conduite. En Pluton, Guido Loconsolo est impressionnant par sa clarté dans le grave. Miljenko Turk en Apollon a une voix claire et équilibrée. Le duo en vocalises entre lui et Orphée est très réussi.

Dans le rôle titre, Nicolay Borchev est formidable à la fin de l'oeuvre, dans la grande scène où il chante sa douleur à l'écho. Son émission est alors legato, "sur le souffle", souple... Tout l'opposé de sa prestation jusque là raide et engorgée, avec un torse rigide, une respiration haute, un larynx écrasé. Est-ce la douleur qui lui est plus naturelle et le connecte plus profondément et intimement à son corps? Quel dommage qu'il ne laisse pas l'énergie de cette dernière scène irriguer toute son interprétation du rôle!

Le choeur est excellent, tonique, en rythme, clair dans sa diction comme dans les voix et les plans sonores. Solistes comme choristes opèrent une excellente fusion avec les instruments anciens et ont réalisé un travail très abouti sur le phrasé.

À écouter le 30 juin à 19h30 sur France-Musique.

Alain Zürcher

 
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