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Écoutes de Spectacles

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***** Les Chevaliers de la Table Ronde Paris Théâtre de l'Athénée 07/01/2017

 
Christophe Grapperon (dm)
Pierre-André Weitz (ms,sc,c)
Bertrand Killy (l)
Rodomont, le duc  :  Damien Bigourdan
Sacripant, sénéchal  :  Antoine Philippot
Merlin, enchanteur  :  Arnaud Marzorati
Médor, jeune ménestrel  :  Manuel Nuñez Camelino
Totoche, la duchesse  :  Ingrid Perruche
Angélique, sa belle-fille  :  Lara Neumann
Mélusine, magicienne  :  Chantal Santon Jeffery
Fleur-de-Neige  :  Clémentine Bourgoin
Roland, chevalier errant  :  Samy Camps
Amadis des Gaules  :  David Ghilardi
Lancelot du Lac  :  Théophile Alexandre
Renaud de Montauban  :  Jérémie Delvert
Ogier le Danois  :  Pierre Lebon


photo © Guillaume Bonnaud

Formidable dernière représentation de ces Chevaliers de la Table Ronde d'Hervé à l'Athénée ! L'interprétation de chaque personnage comme un type burlesque est portée au point d'incandescence. Tout concourt à cette réussite : l'esthétique noire et blanche du décor et des costumes ; l'ingénieuse profondeur du décor à plusieurs niveaux ; la qualité de l'oeuvre et l'adaptation réalisée entre ses deux versions de 1866 et 1872 ; la qualité des voix et l'adéquation de la distribution ; les qualités de comédiens et de danseurs des interprètes ; la mise en scène et le travail corporel et chorégraphique très poussé. Parodie d'opéra, l'oeuvre d'Hervé réussit paradoxalement ce soir à atteindre le sommet ultime de l'oeuvre d'art totale !

Les rôles de la Duchesse et de Mélusine sont même très lyriques. Avec "Ah ! dans ma poitrine palpitante", la Duchesse Totoche chante une belle parodie d'air italien. Rodomont déploie lui une belle énergie dans "Mon oeil est assez vif", brillant air syllabique. Le ténor Médor chante de charmants couplets. Dans le "Je suis Merlin", c'est l'éternel concurrent Offenbach que l'on entend. Au troisième acte, Roland aussi chante un bel air ajouté par Hervé en 1872. Il aura jusque là surtout brillé par l'accent et le jeu banlieusard qu'il arrive à maintenir, en digne numéro zéro des chevaliers-footballeurs qui l'épaulent - et qui portent respectivement les numéros 1, 6 deux fois et 4.

Dès l'ouverture, le duo dansé devant le rideau est aussi une intelligente parodie de danse classique, idée si évidente que l'on s'étonne qu'elle ne soit pas proposée plus souvent.
Le personnage d'une Angélique en jeune fille à couettes "faussement naïve", potelée, portant lunettes et traînant petit chien est très amusant. L'entrée de la Grande Duchesse est également l'occasion d'un excellent numéro, où elle double de taille grâce à son amant dissimulé sous sa jupe. Parmi les multiples autres trouvailles, une projection d'ombres figurant Adam et Ève et le péché originel. L'énergie de ce spectacle réjouissant retombe à peine au troisième acte, avant de ré-exploser en un brillant final qui reprend le fameux choeur des chevaliers :
"Jamais plus joli métier
Ne fut dans le monde
Que celui de chevalier
De la table ronde."

À voir jusqu'au 7 janvier au Théâtre de l'Athénée. À voir en tournée les samedi 4, dimanche 5 février 2017 Scène nationale de Besançon, vendredi 17, dimanche 19 février 2017 Opéra-théâtre de Limoges, mardi 28 mars 2017 Théâtre-Sénart, Scène nationale de Sénart.

Alain Zürcher

 
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