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Écoutes de Spectacles

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**½ Je suis un homme ridicule Paris Théâtre de l'Athénée 25/02/2017

 
Pierre Roullier (dm)
Volodia Serre (ms)
Marc Lainé (sc)
Stephan Zimmerli (sc)
Benoît Simon (v)
Stéphane Lavoix (v)
Hanna Sjödin (c)
Kevin Briard (l)
comédien, chanteur  : Lionel Gonzalez
chanteur  : Lionel Peintre


photo © sébastien Gaxie

L'Athénée nous permet une nouvelle fois de découvrir une création contemporaine de petit format. Sébastien Gaxie a eu la bonne idée de mettre en musique la nouvelle de Dostoïevski Le rêve d'un homme ridicule. Volodia Serre se charge de la mise en scène comme de l'écriture du livret. Dans ce dernier rôle, on peut lui reprocher d'avoir gardé une grande quantité de texte, aux dépens de l'efficacité dramatique mais aussi de la compréhension et du plaisir détendu du spectateur, obligé à une concentration extrême.
Le spectacle est en effet amplifié, ce qui nivelle toujours le son et fatigue l'attention. Les habitants de la planète visitée en rêve par le héros s'expriment en plus dans une langue imaginaire, tandis que les deux personnages principaux s'expriment simultanément en français de manière quasi parlée, donc sans harmoniques qui permettraient de les suivre facilement. Si le rendu visuel est riche mais aisément perceptible, le rendu sonore est confus. Du fait de l'amplification, la spatialité est très mal rendue. Si on est placé du côté gauche de la salle, on n'entend par exemple l'orchestre qu'à gauche quand il joue derrière le rideau, puis à droite quand le rideau se lève.
Dans la scène du rêve, on s'étonne aussi de voir se répéter deux fois la première séquence encore "heureuse", avec les mêmes images vidéo, puis au contraire de voir les épisodes "négatifs" s'enchaîner trop rapidement pour qu'on ait le temps de les assimiler.

Il y a certes une logique évidente à faire commencer l'oeuvre de manière purement théâtrale, puis musicalement minimaliste, et d'aller vers un enrichissement progressif avec la belle scène du voyage interstellaire, la polyphonie découverte avec la nouvelle terre, jusqu'à l'écroulement final. Au fil des représentations, la progression sera sans doute plus efficace, la palette acoustique plus large et équilibrée, le jeu des acteurs plus affirmé. Ils ont déjà fort à faire pour maîtriser leur texte et le caler sur les interventions orchestrales, sans l'aide de presque aucun support mélodique, et sur une trame bien plus rythmique qu'harmonique.
Lionel Gonzalez parle, et rarement chante quelques notes en voix de variété. Lionel Peintre lui-même, naguère percutant baryton à la Péniche Opéra, a ici un rôle quasi parlé. L'ensemble vocal Musicatreize nous chante de la belle et bonne polyphonie, mais juste en musique de fond, puisque le sens de ses paroles ne nous est que vaguement traduit par Lionel Peintre. Le rapport entre les deux personnages et la signification de ce double mériteraient d'ailleurs d'être plus clairement exposés. Il faudra revoir cette oeuvre une fois mûrie, et la comprendre mieux à la réécoute !

À voir jusqu'au 4 mars au Théâtre de l'Athénée.

Alain Zürcher

 
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