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Écoutes de Spectacles

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***** Phèdre Paris Bouffes du Nord 10/06/2017

 
Julien Chauvin (dm)
Marc Paquien (ms)
Emmanuel Clolus, (sc)
Claire Risterucci (c)
Dominique Bruguière (l)
Phèdre  : Judith Van Wanroij
Œnone  : Diana Axentii
Hippolyte  : Enguerrand de Hys
Thésée  : Thomas Dolié

Dans la salle des Bouffes du Nord, gangue brute plutôt qu'écrin, ce spectacle est un diamant. Proposé en tournée dans le cadre du 5ème Festival Palazzetto Bru Zane à Paris, l'inconnue Phèdre de Lemoyne est ici dépouillée de ses ballets et de ses choeurs, à l'exception du bref choeur final chanté par les quatre solistes. L'oeuvre y gagne certainement en intensité et en modernité. La qualité du livret d'Hoffmann, qui condense la trame de Racine sans en reprendre les vers, n'en apparaît que mieux, et la musique de Lemoyne est de bout en bout d'une incroyable qualité expressive.

Tout n'est que concentration dans cette production. L'orchestre est très intelligemment réduit par Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de Musique Baroque de Versailles. Les dix musiciens sont présents sur scène, ou plutôt dans la scène, car chacun est assis dans la case d'un damier.
Les chanteurs font preuve d'une expressivité bouleversante, par une présence autant physique que vocale. La direction d'acteurs de Marc Paquien semble avoir été exceptionnelle, et ses acteurs sortir d'un stage de travail corporel parfaitement adapté au chant, qui les ancre profondément au sol, avec leurs personnages, leurs corps et leurs respirations de chanteurs. Il n'y a rien à dire, tout est évident et parfait, de la déclamation aux déplacements, dont aucun n'est gratuit. Les mouvements sont une lointaine décantation de gestuelle baroque. Tout vit et respire le drame, ou plutôt bien sûr la tragédie. Les costumes, baroques au sens premier, participent pleinement à l'incarnation scénique. L'apparition dorée d'Hipployte restera longtemps gravée dans les rétines, comme si le fils de Thésée était déjà son propre spectre, celui de l'innocence immolée. Le plateau évidé suffit au décor. La proximité et l'acoustique des Bouffes du Nord permettent au public de tout recevoir de l'énergie concentrée plutôt que déployée devant lui.

À voir jusqu'au 11 juin aux Bouffes du Nord. À écouter sur France Musique le 27 juin 2017 à 20h.

 
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