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Tentative de synthèse : profs de chant et polyphonie

DE : Bernard Giordan
LE : 09/01/2004 à 17:26 GMT

Bonsoir,
Vos témoignages ou commentaires évoquent tous pour moi des situations déjà observées et je tenterai une synthèse, un commentaire de quelques éléments individuels et enfin une proposition.
Voici ce que j?ai retenu de vos interventions que je commente par la suite :
 -Prof. de chant et chef de choeur, c?est différent ? pour le moins -.
 -Les professeurs de chant aimeraient que les chefs soient plus/mieux formés, qu?ils aient une bonne connaissance de la voix.
 -Les chefs de choeur n?expriment apparemment aucune prévention à l?égard des profs de chant.
 -Tous pensent qu?une formation vocale individuelle est une bonne idée, voire indispensable, voire même un pré requis avant toute pratique chorale.
La question vient alors naturellement : comment reconnaît on un bon chef de choeur ou un bon prof. de chant. Y a-t-il des critères objectifs qui sautent aux yeux dès la première séance ? (Je crains que non).
Un mauvais prof. de chant est tout aussi « capable » de provoquer les ravages qu?évoque Graziella : « larynx bloqué, voix en arrière, complètement blanche, double sons, voilée parfois chevrotante etc... ». Souhaiter « ne courir aucun risque à chanter en choeur [cf. JCH]» ou tout seul - me semble illusoire. Si on a mal, on va voir un autre chef de ch?ur, un autre prof. de chant, un (autre) phoniatre.
Virginie écrit : « Ces deux emplois demandent des compétences complètement différentes. »
A mon avis, c?est moins radical que cela. Les compétences communes, sont entre autres ? en plus de celles de tout musicien chanteur ou instrumentiste ? une bonne gestique, une excellente oreille polyphonique.
Certes « Personne n'oserait demander à un chef d'orchestre d'enseigner au pianiste à jouer du piano [?] » mais le chef d?orchestre doit connaître les possibilités des instruments de l?orchestre afin de pouvoir correctement exprimer ce qu?il veut de la part des instrumentistes. C?est pareil pour le chef de choeur vis-à-vis de chaque pupitre du choeur. En plus un chef devant un ensemble amateur doit aussi savoir exprimer comment arriver à ce qu'il veut. Encore faut-il qu'il le sache lui même.
JCH pense qu?une majorité d?élèves de CNR auront des activités de choeur plus tard. Voilà une remarque ? que je partage entièrement- qui n?est pas si fréquente de la part de prof. de chant de conservatoire, alors qu?elle me semble si  vraie pour le chant et pour presque tous les instruments enseignés dans un conservatoire de musique.
Maya nous dit que son prof de chant a « proposé de leur faire essayer ». Etant donné que vous tous êtes convaincus que chef de choeur et prof. de chant c?est très différent, la conclusion logique serait de suggérer à Maya ? si cela l?intéresse - de demander à son prof. si il connaît un groupe vocal dirigé par un bon chef. Vu la pénurie de chef (et par voie de conséquence de bons chefs), elle aura plus de chance d?en trouver si elle habite dans une ville de plus de 15 000 habitants. Et si son prof. n?en connaît pas, le centre d?art polyphonique de sa région ou la direction régionale des affaires culturelles devrait pouvoir lui fournir une liste de chorales dirigées par des chefs ayant reçu une formation. En attendant il faudrait conseiller à Maya d?écouter en disque des oeuvres polyphoniques d?une période qu?elle aime et pratique en solo.
Tout ce que vous dites me semble aller vers une transformation de la pratique chorale :
Les cours de chant sont indispensables. Mais pour ceux qui sont dans une chorale et ne prennent pas de cours, le cours en solo peut être très rébarbatif si il n'est pas relié à la pratique collective choisie. Et puis nos emplois du temps ne sont pas extensibles. Il faudrait donc réunir plusieurs profs. de chant, un chef de choeur et une petite chorale autour d?un projet commun. Que tout ce monde se concerte pour organiser l?apprentissage, répartir les voix. Que les profs. fassent travailler individuellement aux choristes les passages difficiles de la partition, en plus de partitions individualisées, pendant le temps de répétition habituel ou pendant un autre jour de la semaine, pour ainsi dès le début d?un projet mixer les deux approches (individuelle et collective). Faire une à deux répétition de choeur par mois pourrait suffire.
Quels bénéfices ?
 pour les profs de chant :
  avoir des élèves qui chantent plus juste (sans la « béquille » du piano).
  avoir plus d?élèves (!) et donc améliorer son enseignement.
 pour les chef de choeur :
  des choristes qui chantent mieux et connaissent mieux leur partition,
  plus de choristes (où sont les hommes ? en particulier les ténors ?).
  J?ai l?impression que les hommes quittent plus facilement un choeur dès qu?ils s?ennuient ou qu'on leur reproche trop souvent de chanter trop fort.
 pour les choristes :
  chanter plus facilement,
  chanter des ?uvres plus intéressantes,
  être capable de chanter seul un air. (Allez donc demander à un choriste de vous chanter quelque chose seul. Il aurait l?air malin de vous chanter une partie S,A,T, ou B d?un Requiem)
Peut-être avez-vous déjà ce type d'organisation ? Si oui, comment l'évaluez vous ?
Bien cordialement,
Bernard





 
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