Voix de tête et voix de poitrine masculines |
Cet exercice peut être préparé par l'exercice Voix de tête et voix de poitrine.
Cet exercice vise à développer la voix de tête masculine, en tâchant d'établir un équilibre entre mécanisme lourd et mécanisme léger. Il n'est pas adapté aux voix féminines.
Cet exercice part du falsetto (le
mécanisme léger).
Au passage, il fait découvrir la
voix de poitrine masculine (le
mécanisme lourd).
Cet exercice doit être débuté de manière à ce que sa note la plus aiguë se trouve juste en-dessous de votre second passage. La quinte de cette exercice va donc couvrir approximativement l'étendue séparant votre premier passage de votre second passage. Vous pourrez ensuite le transposer par demis-tons ascendants.
Commencez cet exercice sur la voyelle qui vous est la plus naturelle parmi les deux proposées.
Ne dépassez jamais le mezzo-forte. Ceci est essentiel pour que la registration s'accomplisse spontanément.
Cet exercice doit être chanté successivement :
Respirez et rétablissez votre appoggio entre chaque mode de production, afin que chacun soit abordé exactement dans les mêmes conditions de départ.
(1)
Il s'agit d'un falsetto très détendu
(un falsetto pharyngé au sens de
Vennard).
(Pour découvrir l'émission la plus détendue possible, vous pouvez commencer par descendre en falsetto la
quinte couverte par l'exercice, .)
Il n'est pas strictement nécessaire que ce falsetto soit soutenu, mais le principe de l'exercice étant de faire
alterner différents modes de production avec le moins de différences possible entre eux, il est préférable que le
falsetto soit lui aussi soutenu.
La continuité de la ligne vocale (du souffle) est essentielle. Aussi l'ai-je indiquée par une liaison
au-dessus des notes. N'admettez pas la moindre rupture, le moindre arrêt dans le
soutien du souffle ni dans la
résonance.
La note aiguë ne doit pas ressortir. Ne cherchez pas à "donner davantage" sur cette note, cela ne ferait
que l'appuyer et la "déplacer". Les articulateurs ne doivent être aucunement modifiés pour l'émettre. Les
résonateurs le sont un peu, mais spontanément.
Vous pouvez au besoin vous aider d'images d'aspiration du son vers vous, de gestes d'ouverture des bras
ou de mouvements circulaires
(voir l'article Tao et mouvement continu). Imaginez une expansion
continue du bas de votre cage thoracique et de votre ceinture abdominale.
Les objectifs pédagogiques de l'utilisation du falsetto sont de :
(2)
Conservez exactement la même conformation des résonateurs et la même attitude physique et psychique, la même
détente, le même "rayonnement", pour chanter la phrase à l'octave inférieure.
La seule différence doit consister dans la différence d'octave. Laissez votre appareil vocal s'y adapter tout
seul. Il n'aura besoin de modifier que le mode vibratoire des cordes vocales, c'est à dire l'équilibre musculaire
à l'oeuvre au niveau du larynx.
Cet exercice peut vous faire découvrir votre véritable voix de poitrine, que vous trouverez peut-être :
(3)
Chanter le motif musical à l'octave inférieure en voix parlée revient à supprimer toute intervention du
mécanisme léger.
Cela peut être très perturbant et rendre problématique l'étape suivante. N'ajoutez ce mode de production que si
vous sentez qu'il vous apporte une détente supplémentaire, ainsi qu'une meilleure maîtrise des équilibres
musculaires en jeu.
Cette étape peut en effet vous aider à distinguer le
mécanisme lourd du mécanisme léger, ce qui peut
faciliter leur fusion lors de la dernière étape de cet exercice.
(4)
En chantant à nouveau à l'octave supérieure, il s'agit de combiner, le plus spontanément possible, les deux modes
de production vocale dont vous venez de faire l'expérience.
L'essentiel est de toujours conserver exactement la même conformation des résonateurs.
partir d'une certaine hauteur, quand vous transposerez l'exercice, il pourra être nécessaire d'avancer un peu les
lèvres et d'accroître l'impression d'aspirer le son en vous, ainsi que votre engagement physique.
Si vous n'avez pas correctement soutenu votre
falsetto initial, veillez ici à retrouver l'ouverture du torse
et la connexion basse que vous avez établis pendant la
deuxième phase de l'exercice.
Cette quatrième phase est certainement la plus
soutenue des quatre, mais cela ne se fait réellement
sentir que quand vous chantez l'exercice plus haut.
Pour cette quatrième phase, vous pouvez tout simplement imaginer que vous chantez normalement, comme vous imaginez que chante un chanteur d'opéra. Imaginez tout de même une voix lyrique, chantant par exemple une sérénade au clair de lune sous un palmier !