Andreas Scholl R
Théâtre des Champs-Élysées • Paris • 02/11/2004
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Andreas Scholl a pioché dans son vaste répertoire pour composer les deux parties très différentes de ce récital : Lieder baroques allemands avant l'entracte, cantates italiennes de Haendel après. Ce programme lui a permis de démontrer la versatilité de son talent. Markus Märkl a lui aussi dû évoquer des climats sonores très différents, entre une écriture plus luthée en première partie et l'écriture riche et brillante de Haendel ensuite.
Après un premier air un peu pincé dans le nez, Andreas Scholl a peu à peu épanoui la rondeur et la chaleur
habituelles de sa voix. S'il devait se débarrasser de mucosités en toussant fréquemment, la pureté de son
timbre n'en était pas affectée. Sa tessiture est toujours remarquablement homogène.
Andreas Scholl n'est pas un chanteur dramatique, et un air comme "Fuggi, fuggi" de la cantate
"Lungi da me, pensier tiranno !" montre ses limites. Il rend par contre justice à l'air vif
"Senti, senti di te ben mio" de la cantate "Nel dolce tempo", et est plus mobile et
expressif sur scène que jadis.
Sa musicalité excelle dans les mélodies douces-amères aux thèmes amoureux, mais s'amuse aussi au
"Kunst des Küssens" d'Andreas Hammerschmidt. Malheureusement, le niveau d'allemand du public ne lui
permettait sans doute pas de comprendre les paroles. La salle était par ailleurs plongée dans une pénombre
propice au recueillement mais non à la lecture des textes du programme.
En bis, Andreas Scholl a élégamment orné l'air d'Alcina "Verdi Prati" et a conclu avec deux airs de la cantate "Vedendo Amor" de Haendel, "Rise Eurilla, rise amore" et "Camminando lei pian piano".
À écouter ultérieurement sur Radio Classique.
Alain Zürcher