La Finta Giardiniera (Anfossi) OC
Réfectoire • Royaumont • 24/09/2005|
Antonio Florio
(dm)
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La direction d'Antonio Florio est claire et précise. Son ensemble conserve un excellent tonus jusqu'à la fin de l'oeuvre. Il soutient bien l'action et les chanteurs sans les couvrir. L'ouverture d'Anfossi est belle, sans originalité particulière.
Soledad Cardoso a une très belle voix
brillante, légère mais pleine, claire, bien vocalisante, sachant être perçante sans aigreur. Elle rend justice
à son très bel air du second acte "Dolce d'amor compagna", comme à son air de fureur du troisième
acte, "Va pure ad altri in braccio".
Laurent Bourdeaux a une bonne voix
naturelle, un rien empâtée. Pourquoi rentrer le menton dans le cou à ce point dès qu'il commence à chanter? Il
chante très bien "Dentro il mio petto" au premier acte comme "Mio padrone" au troisième.
Dans ce rôle qui reste dans les limites de sa tessiture confortable, il n'a pas d'aigus à couvrir.
Ce n'est pas le cas de
Pierrick Boisseau, qui couvre bien les aigus de son rôle. Sa voix plus brillante a un bon métal, correspondant à la présence
du formant du chanteur. Il chante très bien son
air du second acte "Con un vezzo all' italiana", un modèle du genre.
Dans son premier air "Si promette facilmente",
Valentina Varriale n'a pas de bonne
verticalité ni de stabilité de posture et de soutien. Pourquoi se tasser ainsi pour chanter? Ses aigus sont un
peu durs et criards, plus poussés que soutenus. Son médium s'empâte facilement. Ses vocalises sont peu agiles.
Au second acte, elle intercale toujours des "h" dans les vocalises de "Vorrei punirti indegno". Elle
a tout le potentiel d'une grande voix, inhibé par de mauvaises habitudes et un manque de rigueur.
Léa Pasquel a une voix très pointue et
aigrelette qui peut convenir à son rôle et la différencie bien des autres personnages. Elle semble rechercher
un placement "dans le masque" un peu daté, parfois en "heller Knödel". Ses ouvertures buccales sont assez
réduites et latérales. Il n'est pas certain qu'elle épanouisse ainsi tout son potentiel, même si ce placement
peut la faire choisir pour des rôles de caractère. Pour les aigus de son air "Non son la prima" de
l'acte III, elle n'ouvre même pas la bouche - mais lève par contre les épaules !
Daniele Maniscalchi a une émission
très directe mais bien équilibrée, bien vocalisante, qui convient très bien à son rôle. L'acte II lui offre un
très bel air, "Ah ! non partir", dont il rend bien toutes les nuances.
Maria Grazia Schiavo, interprète déjà appréciée d'Antonio Florio, domine la distribution par la souplesse de son phrasé et la
richesse de son timbre. Particulièrement brillante dans son air "Una voce sento al core" du second
acte, elle séduit par ses aigus et par la variété de ses phrasés et de ses attaques. Dans
"Crudeli, oh Dio ! fermate", sa voix est superbe et bien connectée.
Alain Zürcher

