Ingrid Perruche R
Auditorium du Musée d'Orsay • Paris • 23/11/2006
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Difficile de trouver un seul défaut à ce récital, si ce n'est le mugissement grave et faux par lequel un
spectateur (ou le pianiste lui-même? !) accompagnait une bonne partie du programme, avec une prédilection pour
les mélodies françaises et les passages pianistiquement plus soutenus. La technique d'Ingrid Perruche est
totalement au service de l'expression, qui est admirable. Diction parfaite, nuances riches et bien dosées,
phrasé varié et toujours adapté; la rareté actuelle d'un tel talent de mélodiste accroît encore le plaisir de
l'écoute. On s'étonne juste de quelques respirations étrangement placées, ou qu'un souffle plus long devrait
permettre d'éviter.
Apaisement, La chanson bien douce et les moins connus Trois Lieder opus 27 sur des
poèmes de Camille Mauclair pour Chausson, les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé et les
Ariettes oubliées pour Debussy, Frauenliebe und -leben de Schumann, le programme est
judicieusement composé, et tant mieux s'il permet d'évoquer Maurice Denis, que le Musée d'Orsay expose en ce
moment ! Confortable en tessiture, il permet de se concentrer sur les beaux poèmes choisis par Chausson et
Debussy, et même de goûter le portrait juste et expressif qu'Ingrid Perruche brosse de l'héroïne
schumannienne.
À écouter le 11 janvier 2007 à 10h sur France-Musique, en espérant que les ingénieurs du son aient pu filtrer l'"accompagnement" parasite !
Alain Zürcher