Assumpta est Maria O
Abbatiale • Ambronay F • 18/09/2004
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Le festival d'Ambronay 2004, consacré à Marc-Antoine Charpentier, a permis
d'entendre les interprétations les plus diverses de ce compositeur, signe s'il en était besoin de la qualité
de son écriture et de la richesse de son oeuvre.
Clarté des voix, des paroles, des plans sonores, de la polyphonie, respiration des phrasés, tout oppose
l'interprétation de Jordi Savall à celle
de William Christie la
veille. Les effectifs choisis sont il est vrai plus réduits, ce qui
donne une plus grande clarté et permet de mieux profiter de l'acoustique naturelle de l'abbatiale - acoustique
étonnante quand on y a entendu le même jour, du fond de la nef, l'ensemble de violes Jérôme Hantaï sonner avec
la plénitude sonore d'un ensemble à cordes moderne.
Dans leurs premières interventions solistes, les voix de dessus semblent limitées par leur clarté et leurs
ouvertures buccales un peu contraintes, mais elles s'épanouissent peu à peu et forment un bel ensemble dans la
messe. La voix fraîche d'Ariana Savall, quelque peu privilégiée dans la distribution, va encore se développer.
La parti-pris de faire chanter les parties de haute-contre par des contre-ténors contribue à alléger
l'ensemble, à lui donner plus de transparence et moins de chair.
Pascal Bertin est toujours excellent.
Jean-François Novelli, bien sonnant, aurait eu sa place dans la distribution de la
veille pour ses phrasés expressifs parfois à l'emporte-pièce, où
son enthousiasme laisse ici et là quelques trous.
Tous manifestent une grande pureté vocale. L'ensemble traduit une belle gravité et intériorité et transmet une
émotion intense.
Le Stabat Mater pour des religieuses ennuie à la longue par son minimalisme répétitif. Il prépare en
cela l'auditeur à la belle pièce commandée à Arvo Pärt que l'ensemble a donnée en bis.
Comme pour se mettre au diapason des interprètes, le public de l'abbatiale pourtant aussi comble que la veille
a manifesté son enthousiasme de manière moins bruyante !
Alain Zürcher