Oh la la oui oui
Théâtre de l'Athénée • Paris • 28/12/2016|
Laurent Delaveau (contrebasse)
Gilles Parodi (guitare) Laurent Zeller (violon) Stéphan Druet (ms) Sebastiàn Galeota (chg) Anne Coudret (l) |
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On a souvent apprécié ici-même la
verve et l'abattage d'Emmanuelle Goizé et
Gilles Bugeaud au sein de la compagnie Les Brigands, ainsi
que leur metteur en scène Stéphan Druet pour
Toi c'est moi en 2005.
On les retrouve ce soir avec plaisir dans un spectacle de chansons des années folles, accompagnés par un trio
de jazz manouche. Entremêlé de saynètes burlesques, leur répertoire a parcouru les années 20 et 30, avec une
incursion jusqu'en 43 pour la chanson de Trénet et Francis Blanche, "Débit de l'eau, débit de lait".
Personnalité centrale de l'époque, ex-secrétaire particulier de Clémenceau (!), Willemetz est l'auteur de plus
de la moitié des textes, souvent extraits d'opérettes. Une gouaille très franche anime des refrains parfois
devenus des expressions courantes, comme "Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres",
"J'ai fait ça en douce", "C'est mon homme".
"Couchés dans le foin" de Mireille et Jean Nohain est l'occasion d'une de ces saynètes. Comment ne pas être inspiré par ces paroles?
Il ne faut pas que je vous cache
Que j'eus toujours la sainte horreur des vaches.
Dans ma famille, c'est un tort,
Hélas ! le métier de toréador
N'a jamais été notre fort.
J'aimerais mieux qu'on m'injurie,
Qu'on me pende ou qu'on m'expatrie
Plutôt que de toucher un pis,
Un pis de ma vie.
Je suis ainsi, tant pis
Et c'est dommage.
La fille de la fermière est charmante et on a le même âge
Par bonheur pour les amoureux,
Il est au grand air d'autres jeux,
Des jeux que j'aime davantage.
À voir jusqu'au 7 janvier 2017 au Théâtre de l'Athénée.
Alain Zürcher